Où accoucher ? – 10 + 1 critères pour choisir sa maternité

Tu es enceinte ? Félicitations ! Parmi les millions de questions que tu te poses en ce moment, il y a forcément le choix de la maternité. Voici 10 + 1 sujets de réflexions pour bien choisir la maternité où tu souhaites accoucher.

Où accoucher choisir maternité
  1. La zone géographique

Tu peux remarquer que j’ai fait exprès de ne pas utiliser le mot « proximité ». S’il est tout à fait logique de commencer ta réflexion par la zone géographique, il n’est pas indispensable de choisir la maternité qui est la plus proche de ton domicile. Tu verras en suivant les autres points de l’article que parfois l’éloignement de quelques dizaines de minutes peut être un choix judicieux.

Si tu vis dans ou à proximité d’une grande ville, tu auras peut-être le privilège de faire un vrai choix. Malheureusement, dans les zones rurales ou les petites villes, la possibilité de choisir sera assez réduite.

En France, depuis quelques années, nous constatons une augmentation de fermetures des petites maternités afin de regrouper les naissances dans de grands pôles. Je ne te révèle pas de grand secret, si je te dis que c’est pour une raison de réduction de coûts. Il est, bien sûr, moins coûteux de faire fonctionner une grosse maternité que plusieurs petites.

Le problème c’est que ces grandes « usines à bébé » ont des enjeux de productivité. Il n’est donc pas évident pour le personnel médical de construire une complicité avec chaque femme et de personnaliser la relation, ce que tous – usagers comme personnel soignants – déplorent.

Il peut arriver qu’aucune maternité ne te convienne dans ta zone géographique. Sache qu’il n’est pas rare que les futures mamans changent de région provisoirement pour la période d’accouchement. Si tu en as les moyens, tu peux aussi envisager cette solution.

Parfois, il faut t’inscrire assez vite dans un établissement car les capacités d’accueil peuvent être limitées et en cas de grand nombre d’inscriptions, tu peux être confrontée à un refus.

2. Le niveau de la maternité

En France, les maternités sont catégorisées dans 3 (voire 4) niveaux. Ces catégories ne les distinguent pas par leur qualité, mais leur niveau d’équipement. Dans tous les cas, elles disposent toutes du même bloc obstétrical et assurent au maximum la sécurité des mamans et des bébés.

Niveau 1 : les maternités niveau 1 sont les plus courantes, pas loin de 50%. Ce n’est pas étonnant car elles sont équipées pour suivre les grossesses et les accouchements sans risque ce qui est également la grande majorité des cas. Bonne nouvelle, n’est-ce pas ?

Le personnel soignant est constitué de sages-femmes, d’obstétriciens, de pédiatres, d’anesthésistes-réanimateurs, d’aides-soignants, d’auxiliaires de puériculture et d’infirmières.

Au-delà des accouchements sans problème, ils sont tout à fait qualifiés pour t’accompagner même si, soudainement, des complications interviennent. Par exemple, un établissement niveau 1 est équipé pour la réanimation ou faire des césariennes d’urgence, voire programmées.

En revanche, dans un niveau 1, il n’y a pas de service de néonatologie. Toutefois si avant ou après la naissance, l’équipe médicale considère que le bébé a besoin de soin en néonatologie, tout est organisé pour procéder à un transfert dans une maternité de niveau supérieur.

Niveau 2 : les niveaux 2, au-delà des services du niveau 1, disposent d’un service de néonatologie. Les femmes enceintes à risque modéré et les bébés nécessitant une surveillance plus importante y sont suivis. Il en existe deux sous-catégories.

Niveau 2A : les niveaux 2A peuvent accueillir des prématurés au-delà de 34 SA et/ou des bébés qui ont des pathologies modérées.

Niveau 2B : les niveaux 2B disposent, en plus de la néonatologie, d’un service de soins intensifs et peuvent accueillir des bébés nés après 32 SA.

Niveau 3 : les niveaux 3 disposent, au-delà des services des autres niveaux, un service de réanimation néonatale. Ils suivent les grossesses à haut risque et assurent les soins des prématurés nés avant 32 SA.

Si ta grossesse est considérée à risque, ton choix sera forcément déterminé par ces niveaux. Si tu n’as aucune pathologie, tu peux choisir n’importe quel niveau, y compris le niveau 3.

3. L’équipement

Aujourd’hui les maternités soignent également leur communication. Elles ont un site Internet, des flyers, des pages sur les réseaux sociaux. Elles organisent des visites pour présenter leurs services (sauf en période Covid). Grâce à ces moyens de communication, tu peux facilement te renseigner sur les équipements des salles de naissances. Tu peux vérifier si la maternité possède une salle nature, des baignoires (pour le travail et/ou pour accoucher), des lits cododos, des lits doubles etc.

Beaucoup de maternités souhaitent désormais proposer une ambiance plutôt chaleureuse loin de l’atmosphère des néons hospitaliers froids. Tu passeras les premiers jours de ton postpartum entre ces murs et ce n’est pas sans importance.

4. Privé ou publique

Quelque soit ta considération des établissements privés ou publiques, dans le cas des maternités, cela n’aura pas vraiment d’impact sur la qualité des services.

Ce n’est pas parce que c’est une clinique privée que tu trouveras forcément une qualité de soin supérieure ou que cela te coûtera obligatoirement plus cher.

Il n’y a pas de règle générale. C’est uniquement en comparant les établissements autour de toi que tu pourras constater les différences ou pas.

Une différence majeure, en revanche, consiste en la présence d’un médecin lors de l’accouchement. Dans les hôpitaux publics, les accouchements sans complications sont suivis par les sages-femmes et tu ne vois aucun médecin, s’il n’y a pas de soucis. Tandis que dans une clinique privée les médecins sont appelés juste avant la naissance du bébé même si aucun problème n’est détecté. Puisqu’ils sont payés en fonction de leur intervention, c’est-à-dire leur présence, voire chaque acte médical initié.

Aussi, renseigne-toi, si les médecins pratiquent des dépassements honoraires. Ce n’est pas systématique, mais il vaut mieux y être préparée.

5. Le taux des interventions

Il serait intéressant de comparer les chiffres des établissements avant de choisir : quel est le taux de césariennes, d’épisiotomies, de péridurales ? Le seul problème c’est que ces chiffres ne sont pas facilement accessibles et qu’il faut pouvoir comprendre ce qu’ils impliquent.

Plus tu trouves facilement ces infos, mieux c’est. Cela veut dire que l’établissement est fier de ses résultats et les affiche sans hésitation.

Nous trouvons quelques comparatifs sur le net, comme une enquête du Monde, mais le souci c’est que ces données datent souvent. Dans le lien que j’ai intégré dans l’article, les renseignements concernent 2016. 

Cela donne certainement une tendance, mais ne nous dit pas, s’il y a eu une évolution ou une régression depuis. On sait qu’il peut se passer pas mal de choses d’une année sur l’autre.

6. La gestion de la douleur

Quelles sont les options de la maternité pour la gestion de la douleur ? Beaucoup trop souvent, cette question se réduit à un choix binaire. Tu as la péridurale ou pas. Dans ce dernier cas, tu te débrouilles.

Pourtant il existe un tas de moyens alternatifs, médicamenteux ou pas, pour gérer, diminuer ou accepter la douleur. Plus on te propose des solutions, plus tu te sentiras libre d’en choisir.

7. Le protocole

Tu peux également poser tes questions sur le protocole et le déroulement de l’accouchement dans l’établissement. Vérifie, si tes souhaits, ton projet de naissance sont acceptables ou pas pour l’équipe. Cela dépend souvent de l’encadrement du service ou de l’équipement des salles de naissance.

Comment se passe chaque étape, quand, où, avec qui ? Est-ce qu’il est possible d’accoucher dans l’eau ou dans la position de ton choix, d’avoir un monitoring ambulant ? A quel moment tu peux demander la péridurale ? Quels sont leurs principes et timings de déclenchements ? Etc.

8. Les avis

C’est un critère important, mais à prendre en compte avec modération. N’oublie pas que les avis que tu trouves sur Internet ou même ceux que tu sollicites auprès de tes proches sont souvent subjectifs. Ce serait une erreur de choisir ou éliminer une maternité sur l’histoire positive ou négative d’une seule personne, voire d’un avis anonyme lâché facilement sur les réseaux sociaux.

Néanmoins, je t’encourage à solliciter et/ou lire les opinions sur les établissements, mais garde un esprit critique objectif. Ça peut te donner une idée sur les tendances, mais pour ça tu as besoin d’un large échantillon.

9. L’équipe des soignants

Si je pense que c’est l’un des critères le plus important, je sais aussi que c’est le plus difficile. Pourquoi ? Parce que tu n’auras que très peu de possibilités de faire connaissance de l’équipe qui t’accompagnera le jour J.

Dans les établissements français (sauf de rares exceptions), nous ne pouvons pas choisir la (les) personne(s) qui sera (seront) présente(s) lors de l’accouchement. Voire, on ne peut même pas les rencontrer avant la naissance.

L’équipe des urgences obstétricales est (dans la plupart des cas) différente de celle qui t’accueille pour le suivi de la grossesse. Même s’ils changent de services à intervalles réguliers.

Profite de chaque occasion qui se présente pour les rencontrer, les connaître. (visite de la maternité, communication interne ou externe etc. )

10. Avant/après

Les conditions de l’accouchement sont probablement prédominantes dans ton choix, mais il est également intéressant de voir ce qu’une maternité propose pour le suivi de la grossesse et celui du post-partum.

Quant à la grossesse, tu peux demander combien de fois on va te proposer des rendez-vous de suivi. Proposent-ils la préparation à la naissance ? En groupe, en individuel ? Certaines maternités proposent des ateliers sur différents sujets avant la naissance.

Concernant ton séjour à la maternité, tu peux demander ce qu’ils pensent d’une sortie précoce ou bien tardive, quelles sont les conditions d’installation (chambre individuelle, possibilité de visite, salle de petit déjeuner pour ne pas être réveillée, si pas besoin, etc.). Sur quel accompagnement tu peux compter pour les différents sujets : soin de bébé, allaitement etc. ? Comme pour la grossesse, certaines maternités proposent des ateliers maman-bébé (massage, portage etc.).  

+1. Les alternatives

Et si tu n’avais pas à choisir une maternité pour accoucher ? En France, les alternatives à l’accouchement à l’hôpital sont peu nombreuses, mais ce n’est pas pour autant qu’elles ne méritent pas d’être mentionnées. Ce sont des excellentes opportunités pour vivre un accouchement naturel avec le moins d’interventions médicales possibles, si c’est ce que tu souhaites.

Ces options sont possibles, si ta grossesse ne représente aucun risque. Dans tous les cas, même si tu optes pour une de ces alternatives, sache que, soit, tu dois (il vaut mieux !)  choisir une maternité qui peut t’accueillir en cas de complication, soit, cette option est déjà liée ou est au sein d’une maternité.

Accouchement à domicile (AAD) : les accouchements à domicile représentent moins d’1% des cas en France. Il est intéressant de savoir qu’au Pays-Bas il ne s’agit même pas d’une alternative, mais d’une norme, et au Royaume-Uni l’AAD est carrément encouragé par le système de santé. Cette option reste peu accessible pour les françaises. Très peu de sage-femme la proposent  : elles doivent payer une assurance professionnelle de plusieurs dizaines de milliers d’euros qu’elles ne peuvent pas se permettre. L’AAD a de nombreux avantages : l’ambiance du cocon familial, la confiance et la connaissance de la sage-femme etc. Néanmoins, tu dois choisir et t’inscrire à une maternité qui peut t’accueillir en cas de transfert.

Maison de naissance : en 2020, il en existe 8 en France. La bonne nouvelle est que cette année, la phase de test de ces maisons arrive à échéance et les résultats sont très encourageants (sans surprise !!!). Le projet est donc reconduit. 12 nouvelles maisons doivent naître dans un future proche. Les maisons de naissances sont pilotées par des sages-femmes. Il n’y a aucun médecin. En revanche, elles se trouvent à proximité directe d’une maternité pour assurer un transfert éventuel. Tu peux y profiter d’un suivi très personnalisé et d’un accouchement naturel.

Les filières physiologiques : dans l’objectif d’un accouchement naturel, tu peux trouver beaucoup de similitudes avec les maisons de naissance, comme par exemple une équipe dédiée et très proche des mamans.  La grande différence, c’est qu’une filière physiologique se trouve au sein d’une maternité. Pour l’instant, il n’en existe pas beaucoup en France. Espérons que de nouvelles filières vont voir le jour dans les années à venir.

Le plateau technique : certaines sages-femmes libérales ont signé un contrat avec une maternité. C’est-à-dire qu’elles font un suivi global (grossesse, accouchement, post-partum) et louent une salle de naissance et son équipement dédiés au sein d’une maternité. Comment ça se passe ? Ta sage-femme te suit pendant ta grossesse. Le jour J, tu la contactes d’abord et vous décidez ensemble de rejoindre la salle de naissance. Le suivi de ton accouchement sera entièrement sous la responsabilité de ta sage-femme, sauf en cas de complication. Dans ce cas-là, l’équipe médicale présente à la maternité prendra le relais.

Je te souhaite une bonne réflexion, une belle grossesse et un magnifique accouchement !

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