NON. Tout le monde n’a pas besoin de doula. Il y a des femmes qui s’épanouissent pendant leur grossesse, leur accouchement et leur période post natale. Elles sont souvent bien informées, bien entourées, dans un environnement serein et protecteur. Elles ont pu bénéficier d’une transmission femme à femme depuis toujours.

Ce n’est pas le cas de tout le monde. La doula répond à un manque. Il arrive parfois qu’une femme reste seule avec ses questions, soit à cause d’un éloignement physique, soit à cause d’un éloignement émotionnel. Dans d’autres cas la future maman peut être bien entourée, mais elle a besoin de partager son expérience avec une personne neutre et professionnelle. Dans d’autres situations, elle peut se sentir perdue dans la jungle des informations (ou des désinformations).

La doula accompagne la (future) mère dans ses choix, dans ses démarches, au quotidien, elle l’écoute, elle la soutient sans jugement, tout en restant neutre. Lors de sa formation la doula a appris que son propre cadre de référence n’appartient qu’à elle et elle est capable d’en sortir. La doula est en formation continue, elle est à jour quant aux actualités de la périnatalité et du maternage, elle continue d’enrichir ses connaissances en permanence dans ces domaines.

OUI. Les doulas ont toujours existé, mais sous des nominations et des considérations différentes dans le temps. Avant notre ère moderne les femmes vivaient souvent en communauté. Localement elles avaient toujours une femme « sage » à leur proximité. Selon les époques cette femme assistait la sage-femme ou elle intervenait auprès des jeunes femmes pour leur transmettre ses connaissances. Suite à la médicalisation des accouchements et à l’apparition de la famille nucléaire isolée, dans les années ‘50-‘60, elles sont toujours présentes, mais sans réel statut. Dans les années ‘70 le mot « doula » apparaît aux Etats-Unis. Au fur et à mesure le terme et le métier se répandent partout dans le monde. C’est logique car notamment à cause de l’isolement, de l’éloignement (géographique et familial) des femmes le besoin d’être soutenue, écoutée et informée devient de plus en plus fort. La standardisation (voire l’industrialisation) des accouchements est un autre aspect que les femmes essayent de plus en plus contrebalancer grâce à la doula.

La doula exerce un métier. Dans la plupart des cas elle a réalisé une (parfois plusieurs) formation(s). Grâce à ces formations et à ces expériences elle a acquis des outils pour soutenir la femme sur le point de devenir mère.

Elle consacre son temps, son énergie, son argent (eh oui… ces formations sont payantes…) pour être présente, disponible auprès des femmes. Elle continue à se former, à se renseigner, à se mettre à jour en permanence afin de pouvoir informer correctement les jeunes mamans. Doula c’est un métier.

Pour qu’une doula puisse accepter ton accompagnement, il est primordial que tu aies un suivi médical soit par une sage-femme, soit par un gynécologue. En revanche leur rôle se limite souvent aux questions médicales (c’est logique quelque part). La doula propose un soutien émotionnel, psychologique, parfois logistique, une écoute attentive, du temps, de la disponibilité autour du sujet de l’enfantement.

Si tu as de la chance d’être (bien !) entourée des femmes de ta famille/de ton entourage, c’est une excellente nouvelle et profites-en ! Leur présence et celle de la doula ne sont pas contradictoires ou exclusives. Le soutien de la doula est différent de celui de tes proches. La doula est neutre, elle n’est pas engagée émotionnellement dans votre relation, son intervention se concentre sur une période définie (ou pas, si affinité…), elle ne te juge pas, elle a confiance en toi, en tes capacités maternelles/féminines/parentales, en tes décisions, elle est capable de mettre de côté son propre cadre de référence et de t’accepter telle que tu es, elle ne te conseille pas, mais elle t’informe, elle a acquis des outils lors de ses formations pour te donner le meilleur soutien, elle continue de se renseigner en permanence dans le domaine de la périnatalité, ses connaissances sont à jour, elle met à ta disposition son réseau de professionnels, sa doulathèque (articles, livres, vidéo etc) et des matériels à tester, elle connaît beaucoup d’astuces de femme/maman et a la possibilité de solliciter ses consœurs, si besoin.

Avoir une bonne sage-femme, ta maman (ta sœur, ta tante, ta cousine), ta meilleure amie et une doula à tes côtés pour tes premiers (ou secondes) pas dans la maternité est le meilleur combo !

NON. S’offrir la sérénité, la confiance (en soi), le bien-être, les bonnes informations, le soutien ne devraient pas être un luxe. Au contraire, tout cela devrait être prioritaire afin de bien vivre le début (ou le milieu) de sa maternité. Quand il s’agit de la maternité (et bien d’autres domaines de la vie) on se concentre souvent sur les objets en attendant que ces biens matériels nous permettent de combler tous nos besoins. Avoir la layette complète ne te garantira pas une maternité épanouie, si tu n’es pas correctement soutenue (parole de maman, je te jure !!!)

Avoir une doula est un investissement à court, moyen et long terme. Tu as certainement un budget pour l’arrivée de ton enfant, il suffit de bien l’allouer en réfléchissant sur tes priorités. D’ailleurs souvent une doula peut t’aider à bien constituer la layette et éviter les dépenses inutiles. L’investissement à court terme est donc déjà rentabilisé.

Les services d’une doula peuvent être aussi offerts par quelqu’un d’autre. Pourquoi pas les inscrire sur une liste de naissance ?

De plus, les tarifs d’une doula sont souvent sur mesure et peuvent s’adapter à tous les budgets. Il suffit de le demander. Etant donné qu’il s’agit d’un service à la personne, ils peuvent donner droits à des réductions d’impôt sur le revenu.

NON. Pour l’instant, en France, ne s’agissant pas d’intervention médicale, la sécurité sociale ne rembourse pas les services d’une doula.

Néanmoins, certaines mutuelles commencent à se poser la question. Elles sont en train d’adapter leur offre à un nouveau besoin qui est le bien-être et créent des forfaits pour la médecine douce, les cures ou les frais de confort. Les doulas pourront faire partie de ces services de bien-être, comme cela est déjà le cas dans d’autres pays.

OUI. Et c’est une excellente idée ! Tu sais que la (future) maman aura toutes les gigoteuses nécessaires (et même plus) et tu sais qu’elle n’aura pas assez de temps pour elle-même et pour son bébé. Tu sais qu’elle va certainement recevoir le petit doudou qui imite le son entendu dans l’utérus et tu sais aussi qu’elle aura des questions qu’elle ne pourra ou voudra partager avec personne de son entourage. Tu as raison ! Offre-lui du temps, de la sérénité, des informations, de l’aide et du soutien.

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